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Les collectivités testent la semaine de quatre jours : et si ça marchait ?

La semaine de quatre jours dans la fonction publique territoriale ne réduit pas toujours le temps de travail : souvent, les 35 heures sont réparties sur quatre journées plus longues. Un réaménagement aux effets contrastés selon les services, loin de la bascule annoncée.

Les collectivités testent la semaine de quatre jours : et si ça marchait ?

Les collectivités testent la semaine de quatre jours

La semaine de quatre jours reste minoritaire dans la fonction publique territoriale. Elle concerne quelques milliers d'agents en France, répartis dans plusieurs dizaines de collectivités ayant signé un protocole d'expérimentation. Ce chiffre modeste contraste avec la place que le sujet occupe dans le débat public, où il est souvent présenté comme une bascule imminente de l'organisation du travail.

Une réduction du temps de présence, pas nécessairement du temps de travail

La confusion la plus fréquente porte sur la nature exacte du dispositif. Dans la majorité des expérimentations menées par des communes, des départements ou des régions, la semaine de quatre jours ne réduit pas la durée légale du travail. Les agents conservent leurs 35 heures hebdomadaires, réparties sur quatre journées plus longues. À consulter également : www.moonkeys-education.com.

Le mécanisme consiste donc à allonger chaque journée de travail pour libérer une journée entière. Une collectivité qui applique ce modèle passe par exemple de cinq journées de sept heures à quatre journées de huit heures quarante-cinq. L'agent travaille autant, mais sur un nombre de jours réduit.

Un second modèle existe, plus rare : la réduction effective du temps de travail, avec une baisse de la rémunération ou une compensation par des gains de productivité. Ce second modèle soulève des questions juridiques et budgétaires plus lourdes, ce qui explique qu'il soit moins retenu par les collectivités.

Cette distinction est essentielle. Elle détermine si l'expérimentation relève d'un simple réaménagement des horaires ou d'une véritable réduction du temps de travail, avec des conséquences différentes sur les droits des agents et sur le coût pour la collectivité.

Des effets contrastés selon les services concernés

Les résultats observés varient fortement d'un service à l'autre. Dans les services administratifs, où le travail se mesure en dossiers traités ou en projets avancés, la journée supplémentaire de repos est souvent perçue comme un gain de qualité de vie sans perte d'efficacité. Les agents disposent d'un jour pour leurs démarches personnelles, ce qui réduit les absences de courte durée.

La situation est différente dans les services en contact direct avec le public. Une mairie qui ferme ses guichets un jour par semaine modifie l'accès au service pour les habitants. Certaines collectivités compensent par une rotation des équipes, mais cette organisation suppose des effectifs suffisants, ce qui n'est pas toujours le cas.

Les services techniques, l'entretien des espaces verts ou la collecte des déchets posent une difficulté supplémentaire. Ces activités dépendent d'une continuité quotidienne et d'une coordination avec d'autres acteurs, comme les intercommunalités ou les prestataires. Une journée de fermeture peut alors décaler l'ensemble d'une chaîne d'intervention.

Les retours d'expérience convergent sur un point : le dispositif fonctionne mieux lorsqu'il est adapté service par service, plutôt qu'appliqué uniformément à toute une collectivité. Les expérimentations qui imposent le même rythme à des métiers très différents rencontrent davantage de résistances.

Un cadre juridique encore flou et des questions non tranchées

Le droit applicable aux collectivités territoriales ne prévoit pas de dispositif spécifique pour la semaine de quatre jours. Les expérimentations s'appuient sur des délibérations locales et des protocoles d'accord, dans le cadre des règles existantes sur le temps de travail. Cette souplesse permet de tester, mais elle laisse plusieurs points en suspens.

Le premier concerne la durée maximale de la journée de travail. Le code du travail fixe des plafonds, et l'allongement des journées peut s'en approcher. Les collectivités doivent vérifier que leur organisation reste conforme, ce qui limite la marge de manœuvre pour les services soumis à des contraintes horaires fortes.

Le deuxième point porte sur la réversibilité. La plupart des protocoles prévoient une clause de retour à l'organisation antérieure si les résultats ne sont pas au rendez-vous. Mais cette clause est difficile à activer lorsque les agents ont réorganisé leur vie personnelle autour du jour libéré.

Le troisième point est financier. Une journée de fermeture peut réduire certaines recettes, notamment dans les services payants, ou entraîner des coûts supplémentaires si la collectivité doit renforcer les équipes pour maintenir la continuité. Ces effets sont rarement mesurés dans les bilans publiés.

Enfin, la question de la généralisation reste ouverte. Les expérimentations en cours portent sur des collectivités de taille variable, mais elles ne permettent pas de conclure à un modèle transposable à l'ensemble de la fonction publique territoriale. Les contextes démographiques, budgétaires et organisationnels diffèrent trop pour qu'un dispositif unique s'applique partout.

Les évaluations en cours devraient apporter des éléments sur les effets à moyen terme, notamment sur l'absentéisme, la qualité du service rendu et la charge de travail réelle des agents. Ces données manquent encore pour trancher entre un simple ajustement d'organisation et une transformation durable des rythmes de travail dans le secteur public local.

Olivier Millet

Olivier Millet

Olivier Millet est un spécialiste reconnu en phytothérapie et en alimentation saine, dédié à la promotion de remèdes naturels et de pratiques de vie équilibrées. Fort d'une approche holistique, il accompagne ses lecteurs dans la gestion du stress et l'adoption de rituels quotidiens bienveillants, alliant rigueur scientifique et sensibilité pratique. Sa mission : rendre la nature accessible à tous pour une vitalité durable.

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